Tchad - Enquête sur l'arrestation de trois opposants

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Le gouvernement du Tchad a ouvert une enquête à la suite de l'enlèvement de trois importants dirigeants de l'opposition. Il s’agit de l’ancien chef de l’Etat Lol Mahamat Choua qui préside le comité de suivi de l’accord du 13 août 2007 en vue du renforcement du processus démocratique, de l’ancien ministre et porte-parole de la coalition de l’opposition Ibni Oumar Mahamat Saleh, et de Ngarlejy Yorongar, député fédéraliste qui est l’une des plus anciennes figures de l’opposition tchadienne. Ils ont été enlevés chez eux, à Ndjaména, juste après les combats de 2 et 3 février entre les forces gouvernementales et les rebelles. Selon leurs familles, ils ont été enlevés par des soldats de l'armée nationale tchadienne.

Le ministre tchadien de l’Intérieur Ahmat Mahamat Bashir a annoncé, mercredi, l’ouverture d’une « enquête judiciaire pour déterminer comment ils ont été arrêtés », espérant pouvoir retrouver les trois politiciens enlevés « dans les meilleurs délais ».

Les déclarations du ministre tchadien de l’Intérieur ont suscité des réactions, comme celle du fils du député fédéraliste Ngarlejy Yorongar. Rokolmian Yorongar ne croit pas en cette enquête.

Plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, notamment Amnesty International, le Secours catholique et la Fédération internationale des droits de l’Homme ont récemment dénoncé la disparition des opposants tchadiens et ont demandé à la France d’intervenir auprès du gouvernement tchadien pour obtenir la libération immédiate des ces politiciens.

Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a exprimé mercredi sa « vive préoccupation » sur le sort des trois opposants enlevés. Le communiqué du Quai d’Orsay affirme : « N’ayant reçu à ce jour aucune confirmation précise du lieu et des conditions de leur détention, Bernard Kouchner demande instamment que toute la lumière soit faite » sur la situation des trois opposants.

La France souhaite que le Comité international de la Croix Rouge (CICR) « puisse les visiter sans délai et qu’ils fassent l’objet d’une libération immédiate, si aucun fait de nature judiciaire ne leur est reproché ». L’ambassadeur de France à Ndjaména a été chargé « d’obtenir des informations », concernant la situation des trois opposants tchadiens.   


Publié dans FRANCE ET TCHAD

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