Tchad: Disparition d'opposants au Tchad - Paris hausse le ton tout doucement

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

LE PAYS(Ouagadougou)
14 Février 2008
Publié sur le web le 14 Février 2008

Morin Yamongbe

La chasse aux sorcières est ouverte au Tchad et pourrait ne jamais se fermer tant que Idriss Déby Itno aura l'aval indéfectible de Paris qui veille sur Ndjamena comme au bon vieux temps des colonies.

Quitte à fermer les yeux sur les exactions de toutes sortes, les entorses aux droits de l'homme et sans doute les exécutions sauvages. En effet, suite aux combats qui ont opposé, il y a deux semaines, ses forces armées à des rebelles, Déby traque sans pitié ses opposants. Parmi ceux-ci, on peut citer l'ancien chef d'Etat Lol Mahamat Choua, dirigeant de la principale alliance de l'opposition, Ibni Oumar Mahamat Saleh, l'opposant radical Ngarlejy Yorongar et le président de l'Union pour le renouveau et la démocratie, le général Wadel Abdelkader Kamougué. Face à la mobilisation des organisations de lutte pour le respect des droits de l'homme et les cris des parents des disparus, Idriss Déby Itno est resté sourd. La France, la patrie des droits de l'homme, qui a aidé le chef de l'Etat tchadien à sauver son fauteuil, a attendu le mardi 12 février, soit plus de deux semaines après la disparition des opposants, pour "attendre une clarification sans délai" sur leur sort. Contrairement à cette sortie timide qui a été précédée d'un silence assourdissant de la part de Paris, l'Union européenne a réclamé la libération immédiate de ces opposants.

Pourvu que ceux-ci soient tous encore vivants ! L'attitude du pouvoir français n'étonne pas car il éprouve certainement beaucoup de enbarassé. Sarkozy est gêné parce qu'il attend la grâce présidentielle pour les condamnés de l'Arche de Zoé. Alors, il ne faut pas contrarier l'homme fort de Ndjamena, même si celui-ci est devenu presqu'un pantin dans les mains de son sauveur.



Publié dans FRANCE ET TCHAD

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