Mémorandum du collectif des tchadiens de l'étranger

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

collectif des tchadiens de l’etranger :

Pour un tchad veritablement independant, definitivement decolonise et democratique

 

 

 

MEMORANDUM

 

 

Destinataires :

 

·        ASSEMBLEE NATIONALE ET  SENAT FRANCAIS,

·        GOUVERNEMENT ET CHEF DE L’ETAT FRANÇAIS,

·        COMMISSION DE L’UNION EUROPEENNE

·        COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

·        ORGANISATION DES NATIONS UNIES

·        BANQUE MONDIALE

·        FONDS MONETAIRE INTERNATIONAL

·        ambassade du tchad en france

 

 

 

Une fois de plus les armes ont tonné au Tchad !

Une fois de plus, des Tchadiens se sont levés contre d’autres Tchadiens !

Une fois de plus, le sang de milliers de tchadiens a coulé !

Une fois encore, mères, pères et enfants pleurent leurs enfants et frères !

Une fois encore, le peuple tchadien, abandonnant tout derrière lui, s’est jeté sur le chemin de l’exil !

Une fois encore, les Tchadiens, de part le monde, se sont sentis humiliés par les événements de ces mois de janvier et février 2008 !

PLUS JAMAIS CA !!!

 

 

Ce que les Tchadiens vivent dans leur chair et dans leur âme depuis les récents événements est la résultante logique du mépris et du déni de droit à l’endroit de peuple tchadien à s’autodéterminer et à forger son destin. Cette négation de notre droit de choisir librement nos dirigeants et de vivre en paix est arrivée à son comble avec cette nième intervention de la France !

Faut-il rappeler :

-          qu’en décembre 1990, Idriss Deby avait pris le pouvoir par les armes, avec le soutien de l’Armée Française ;

-          que, deux fois successivement, dans l’indifférence de la Communauté internationale, Idriss Déby a confisqué la victoire de l’opposition démocratique lors des élections présidentielles ;

-          que, le 06 juin 2005, par un référendum très contesté, Deby a procédé à la révision de la Constitution du 31 mars 1996, l’autorisant à se présenter indéfiniment aux élections présidentielles ;

-          que les partis de l'opposition légale, dite "démocratique", réunis au sein de la CPDC (Collectif  des Partis politiques pour la Défense de la Constitution) et le FAR/ Parti fédéraliste ont réclamé en vain le respect des dispositions constitutionnelles, ainsi qu'un meilleur climat politique et démocratique ;

-          que le tout dernier exemple de leur détermination à poursuivre le dialogue politique est l'accord signé en août 2007 sous l'égide de l'Union européenne qui n'a jamais été appliqué ;

-          qu’au cours de ces derniers événements, les leaders des partis politiques composant  la CPDC et le FAR/parti fédéraliste ont été arrêtés sans ménagement et portés disparus, sous le prétexte fallacieux d’intelligence avec l’ennemi ;

-          que les politico-militaires et les organisations de la société civile tchadienne à travers le Comité de suivi de l’Appel à la Paix et à la Réconciliation nationale ont multiplié en vain des initiatives (l’Appel à la paix et à la réconciliation, les rencontres de Paris, Libreville, Tripoli, etc.) afin d’aboutir à une solution négociée de la crise tchadienne ;

-          que, devant l’intransigeance du pouvoir à opérer les changements souhaités par le peuple, une dizaine de rebellions armées se sont constituées depuis l’accession de Idriss Déby Itno au pouvoir ;

-          que plusieurs accords, signés avec les politico-militaires, se sont soldés par un bain de sang : Abbas, Koty, Laokein Bardé, Kétté Nodji Moïse, etc. ;

-          que dans ce contexte, les principes les plus élémentaires d’une bonne gouvernance politique et économique sont bafoués, le Tchad ayant raté par conséquent toutes les occasions qui se sont offertes (Initiative PPTE, Iniative pour l’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM, exploitation du pétrole), pour asseoir les bases de son développement et pour réduire la pauvreté…

 

Devant cette situation, NOUS, Tchadiens, Africains et Africanistes épris de paix, et très préoccupés par la situation qui prévaut actuellement au Tchad,

-          Soucieux d’épargner à ce pays meurtri par un demi-siècle de guerre civile d’autres épisodes sanglants ;

-          Considérant que la population tchadienne et ses forces démocratiques ont, à plusieurs reprises par le passé, exprimé leur ras-le-bol et leur  opposition  à toute confiscation du pouvoir par la force et à toute solution militaire de sortie de crise ;

-          Préoccupés par les combats qui se déroulent en ce moment au Tchad, et par le risque de perpétration de crimes contre l’humanité et de génocide en raison de l’envergure des combats, des imbrications ethniques et de probables participations aux combats des forces étrangères incontrôlées ;

-          TRES CHOQUES par le silence de la France suite à l’arrestation des opposants politiques et la multiplication des exécutions sommaires et extrajudiciaires des citoyens tchadiens ;

-           TRES SURPRIS de voir que la France est prête à faire verser le sang des Tchadiens et à défendre un REGIME au détriment du PEUPLE TCHADIEN DANS SES ASPIRATIONS LES PLUS LEGITIMES, rien que pour obtenir que soient graciés quelques délinquants de l’Association « Arche de Zoé » récemment condamnés pour des FAITS GRAVES et CONTRAIRES AU DROIT INTERNATIONAL ;

-          TRES INDIGNES par l’attitude officielle de la France, qui défend bec et ongles un pouvoir honni par le peuple sous de prétexte perfide de régime « légitime » ;

-          CONVAINCUS que de telles attitudes, fondées sur les intérêts bassement financiers, mafieux et sur la crainte d’anglicisation ou d’arabisation des régimes francophones, ne sauraient se justifier ni être tolérées en raison de leurs conséquences très coûteuses en vies humaines ;

-          Convaincus qu’une telle politique ne saurait indéfiniment se perpétuer sans remettre fondamentalement en cause les relations franco-africaines fondées sur l’histoire ;

AFFIRMONS :

 

Plus jamais, nous n’accepterons que le pouvoir soit conquis par la force,

Plus jamais nous n’accepterons qu’un régime, fut-il démocratique, confisque le pouvoir et l’exerce dans l’intérêt de son seul clan ;

Plus jamais nous n’accepterons que la France,  juge au gré de ses intérêts, que tel ou tel régime est « légitime » ;

Plus jamais nous n’accepterons qu’un tchadien tombe sous les balles d’un français ou d’un soudanais ;

Plus jamais, nous n’accepterons de nous soumettre aux résolutions de l’Union Africaine ou de l’ONU, lorsque celles-ci sont initiées et dictées par les Etats qui sont parties prenantes aux conflits

 

PAR CONSEQUENT, NOUS, SIGNATAIRES DE LA PRESENTE :

 

-          DEMANDONS ET EXIGEONS DU PRESIDENT FRANÇAIS NICOLAS SARKOZY, dont l’élection a beaucoup suscité l’espoir en Afrique en raison des ruptures annoncées, de cesser d’utiliser l’Armée française pour maintenir des régimes au pouvoir ;

-          DEMANDONS ET EXIGEONS DU SENAT, DE l’ASSEMBLÉE NATIONALE FRANÇAIS, des sénateurs et députés  de faire pression sur le GOUVERNEMENT FRANÇAIS afin de préserver l’image de marque d’une république française partisane de la démocratie et la Liberté;

-          DEMANDONS ET EXIGEONS DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES, DE SE SAISIR DU DOSSIER TCHADIEN ET DE METTRE EN PLACE LES CONDITIONS D’UNE PAIX DURABLE ET D’UN DEVELOPPEMENT SOCIO-ECONOMIQUE DU PEUPLE TCHADIEN ;

-          DEMANDONS ET EXIGEONS des autres Chefs d’Etat des Pays Africains actifs sur ce dossier, de faire pression sur les acteurs en présence en vue d’un dénouement heureux et sans bain de sang de cette crise et pour la LIBERATION IMMEDIATE DES LEADERS POLITIQUES DE L’OPPOSITION DEMOCRATIQUE ;

-          DEMANDONS ET EXIGEONS DES BAILLEURS DE FONDS ET INSTITUTIONS INTERNATIONALES d’arrêter dorénavant de soutenir tout groupe qui prendrait ou confisquerait le pouvoir par la force ;

-          DEMANDONS A LA POPULATION TCHADIENNE, A LA SOCIETE CIVILE ET A TOUTES LES FORCES DEMOCRATIQUES DE S’OPPOSER DORENAVANT, PAR TOUS LES MOYENS, NOTAMMENT PAR LA DESOBEISSANCE CIVILE, A TOUT GROUPE QUI PRENDRAIT OU SE MAINTIENDRAIT AU POUVOIR PAR LA FORCE.

-          APPELONS LA POPULATION TCHADIENNE, LA SOCIETE CIVILE ET TOUTES LES FORCES EN PRESENCE DE S’OPPOSER, PAR TOUS LES MOYENS, A TOUTE INGERENCE EXTERIEURE TENDANT A LE MAINTENIR DANS UN ETAT DE GUERRE ET D’INSECURITE PERMANENTE.

 

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