Tchad: deux opposants toujours portés disparus

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Le ministère français des Affaires étrangères continue de suivre la situation des personnalités politiques arrêtées ou disparues au Tchad, selon un communiqué diffusé mercredi soir. On reste sans nouvelles d'Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar, deux autres hauts responsables de l'opposition, qui se trouvent selon Amnesty International aux mains des autorités de N'Djamena.

"Nous continuons de rechercher des informations sur la situation de MM. Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar", déclare le Quai d'Orsay. "Notre ambassadeur à N'Djamena s'est à nouveau entretenu en fin de matinée (mercredi) avec le président (Idriss) Déby de cette question pour lui signifier l'importance qu'elle revêt pour les autorités françaises. Le président tchadien l'a assuré que les recherches se poursuivaient."

En ce qui concerne l'ancien président Lol Mahamat Choua, il est en contact avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), affirme le ministère, qui précise qu'"il a reçu la visite cet après-midi du délégué de la Commission européenne à N'Djamena, qui l'a trouvé en bonne santé".

L'ex-président dont le gouvernement tchadien a reconnu la détention en tant que prisonnier de guerre aurait déclaré "que ses conditions de détention s'étaient substantiellement améliorées depuis la visite qu'il avait reçue, le 14 février, de l'ambassadeur de France".

Quant au général Wadal Abdelkader Kamougué, "à notre connaissance, (il) n'a pas été arrêté", ajoute le ministère des Affaires étrangères.

Le gouvernement tchadien affirmait que cet ancien vice-président était libre mais se cachait dans l'intérieur du pays, alors que selon Amnesty International il faisait partie des quatre dirigeants de l'opposition enlevés par les forces de sécurité lorsque la rébellion a tenté de s'emparer de la capitale les 2 et 3 février, avant d'être repoussée.

Le général Kamougué "entretient des relations régulières avec son parti, la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC)", selon le Quai d'Orsay. Toutefois "l'ambassade ne l'a pas rencontré, à la différence d'autres opposants également membres de la CPDC qui poursuivent leur activité politique".

Amnesty International accuse le gouvernement de N'Djamena de mener une chasse aux opposants sous le couvert de l'état d'urgence décrété le 14 février après la tentative de renversement. En outre, d'après le communiqué diffusé mercredi soir par l'organisation de défense des droits de l'Homme, "des membres de certains groupes ethniques (...) fuient le Tchad de peur d'être arbitrairement arrêtés et détenus". AP

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