Tchad: un des deux opposants disparus retrouvé vivant

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

PARIS (AFP) — Un des deux opposants tchadiens disparus depuis trois semaines, Ngarlejy Yorongar, a été retrouvé vivant à N'Djamena, a annoncé vendredi à Paris le chef de la diplomatie tchadienne Ahmad Allam-Mi.

"Il est vivant. On vient de le découvrir, il était terré dans son quartier à N'Djamena, il vient de réapparaître", a précisé M. Allam-Mi lors d'une conférence de presse.

Il a ajouté tenir ces informations du ministre tchadien de l'Intérieur Ahmat Mahamat Bachir, mais n'a pas fourni précisions sur la santé de l'opposant enlevé le 3 février après l'attaque ratée des rebelles sur N'Djamena.

Interrogé sur les causes de cette disparition, il a affirmé qu'elle était "peut-être due à la volonté de M. Yorongar de faire monter les enchères".

"Il nous reste désormais à clarifier le sort de Ibni Oumar Mahamat Saleh", le troisième opposant disparu à l'issue de la bataille de N'Djamena, et dont on est toujours sans nouvelles, a ajouté M. Allam-Mi.

Quant à l'ex-président tchadien Lol Mahamat Choua, arrêté le 3 février, il est pour l'instant considéré comme "prisonnier de guerre", a réitéré M. Allam-Mi, ajoutant que la justice devra se prononcer sur son sort.

"Je voudrais réfuter l'idée que l'opposition est décapitée, et nous n'avons aucune volonté politique de procéder à des arrestations", a poursuivi le ministre.

"Des personnalités de la société civile ont fui, à Kousseri (au Cameroun) ou à Paris. Nous pouvons leur garantir qu'elles peuvent revenir au pays et exercer leur activité. Il n'y a pas de chasse aux sorcières", a-t-il dit, alors que plusieurs organisations tchadiennes et internationales se sont inquiétées de la répression après l'attaque ratée des rebelles.

Interrogé sur une éventuelle transmission au gouvernement tchadien par la France d'écoutes téléphoniques prouvant une collusion entre les opposants politiques et les rebelles armés, M. Allam-Mi a répondu: "n'importe quoi".

"La France a tenu ses engagements vis-à-vis du Tchad dans le cadre des accords de coopération militaire", a-t-il dit, citant "la fourniture de renseignements sur les mouvements des assaillants, une assistance logistique et sanitaire".

"Je pense que dans l'avenir nous devrons nous doter de moyens efficaces et performants, et j'espère qu'on ne nous reprochera pas de le faire", a-t-il poursuivi. "Nous allons acheter des armes là où on peut les acheter", a-t-il encore dit.

Evoquant l'Eufor, la force européenne en train de se déployer dans l'est du Tchad et le nord de la Centrafrique, il a estimé qu'elle pourrait avoir "un rôle dissuasif pour empêcher le Soudan d'entretenir la rébellion tchadienne". Cette force, à dominante française, pourra également "décourager" les "solidarités locales" des Tchadiens envers les rebelles soudanais, a-t-il dit.

N'Djamena accuse Khartoum d'être derrière les tentatives de déstabilisation du Tchad, tandis que le Soudan dénonce un soutien du Tchad aux rebelles du Darfour.

Enfin, le ministre de la Justice tchadien Albert Pahimi Padacke a répété que les demandes de grâce des six condamnés de l'Arche de Zoé étaient "à l'instruction". "Au final, il reviendra au président Idriss Deby de décider", a-t-il dit.

M. Padacke a également indiqué que l'état d'urgence, instauré le 15 février sur le territoire, serait réexaminé à la fin du mois par l'assemblée nationale.

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