L'incertitude demeure sur le sort des opposants arrêtés

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

On n'a rien, rien, rien de nouveau...", "On ne nous parle pas...", se lamente l'entourage de Ngarlejy Yorongar et Ibni Oumar Mahamat Saleh. Que sont devenus les deux opposants, enlevés début février à l'issue de la bataille de N'Djamena entre rebelles et armée, introuvables depuis ? Selon leurs proches et l'organisation Human Rights Watch (HRW), ils ont été arrêtés à leur domicile par les forces de sécurité du président Idriss Déby et sont toujours retenus par le pouvoir.

Le gouvernement tchadien a d'abord dit ne pas savoir dans quelles circonstances avaient disparu les deux hommes, puis a suggéré qu'ils avaient été enlevés par les rebelles, et a finalement affirmé que M. Yorongar était "réapparu" dans son quartier. Mais personne ne l'a vu, dans son quartier de Sarah Moursal. L'homme se cacherait, donc, une version que démentent les proches du député, opposant irréductible au régime du président Déby : "S'il était vivant, il viendrait directement à sa maison", affirme le chauffeur de M. Yorongar. Olivier Bercault, chercheur d'HRW qui revient de N'Djamena, confirme : "Yorongar est une grande gueule, il n'est pas du genre à se cacher ou à se taire."
HRW, qui a publié mardi 26 février une enquête sur le sort des deux opposants, est formel : "Leur arrestation a fait partie d'une vague de répression contre les opposants politiques. Nous tenons le gouvernement pour entièrement responsable de leur état de santé et leur retour en toute sécurité." "Le gouvernement tchadien doit publiquement avouer où se trouvent Yorongar et Ibni", plaide HRW.

POSSIBLE VISITE AU TCHAD DE M. SARKOZY


Lundi, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner était venu au secours des autorités tchadiennes, en citant des témoins "assez crédibles" selon lesquels M. Yorongar était en vie. "Pourquoi Bernard Kouchner ne donne-t-il pas ses sources ? Qu'est-ce que ça veut dire, des témoins 'assez crédibles' ?", s'interroge Human Rights Watch.

Souhaitant clarifier la situation, N'Djamena a invité Nicolas Sarkozy à se rendre sur place afin "qu'il voie lui-même ce qui se passe dans le pays". "Le calme est revenu. Les opposants rentrent progressivement", a affirmé le ministre délégué de la défense tchadien, Hassan Saleh Algadam Al Djinedi. Une telle visite semble délicate pour Paris. Lundi, citant une source gouvernementale, l'agence Reuters annonçait que le président ferait escale au Tchad sur sa route vers l'Afrique du Sud. Interrogé par Le Monde.fr, la présidence de la République et le Quai d'Orsay se refusaient à faire le moindre commentaire sur le sujet. Mais en milieu d'après-midi, la venue du président français à N'Djamena a été confirmée par le présidence tchadienne.

Le sort d'un troisième opposant a lui été clarifié, mardi. Le gouvernement a reconnu dans un communiqué avoir arrêté, le 3 février, l'ancien président Lol Mahamat Chou, qui va être "placé en résidence surveillée chez lui".

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