Probable visite de Sarkozy au Tchad

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Nicolas Sarkozy devrait se rendre à N’Djamena mercredi, selon le gouvernement tchadien, alors que le sort réservé à plusieurs opposants Tchadiens fait toujours l’objet d’inquiétude.

 

Annoncée par le site de la présidence tchadienne, mais pas encore confirmée officiellement côté français, cette visite devrait durer quelques heures, en fin d’après-midi.

 

Cette étape devrait être l’occasion de faire un bilan de la coopération franco-tchadienne, de la situation  du Tchad et d’aborder différents dossiers, parmi lesquels le déploiement de l’Eufor, mais également la question des droits de l'homme.

                                              

Prévue depuis novembre, la visite faisait l’objet d’incertitudes liées au conflit qui oppose le gouvernement du président d’Idriss Déby à un mouvement rebelle. A l'issue de l'attaque rebelle sur la capitale tchadienne repoussée début février, plusieurs opposants au régime avaient "disparu".

 

Le député Ngarlegy Yorongar, rival malheureux d'Idriss Déby lors de l'élection présidentielle de 2001, ainsi que le dirigeant d'une coalition de partis, Ibni Oumar Mahamat Saleh, n’ont pas donné de nouvelles depuis le 3 février, selon leurs familles.

 

Le gouvernement tchadien nie tout rôle dans ces disparitions, et affirme même que les opposants se cachent volontairement.


Lundi, le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner a donné crédit à ses affirmations, assurant que M. Yorongar avait été retrouvé, lors d’une intervention à l’antenne de la chaîne LCP-Sénat. "Il se cache encore, mais des témoins, assez crédibles, l'ont vu et il est en vie."

L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a contredit mardi ces propos et soutenu les propos des familles : Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar, affirme-t-elle, ont été arrêté à leur domicile par des hommes armés, vêtus d’uniformes militaires tchadiens. L’organisation dit tenir le gouvernement "responsable de leur santé et de leur retour".


Selon HRW, ces arrestations font partie d’une vague de répression contre les opposants politiques dans la capitale N’Djamena, à la suite de la tentative de coup d’Etat menée début février au Tchad. "On les accuse d’être liés avec les rebelles, ce qui n’est absolument pas prouvé", assure le militant des droits de l’homme à l’antenne de FRANCE 24.

L’organisation humanitaire appelle le président à exiger la mise en place d’une commission d’enquête indépendante, une option déjà évoquée par le président tchadien. "C’est le rôle de la communauté internationale et de la France de faire pression pour que l’on retrouve ces opposants", précise HRW.

 

Mardi, les autorités tchadiennes ont joué l’apaisement en décidant de placer en résidence surveillée l'opposant Lol Mahamat Choua, le seul opposant qu’elles avaient reconnu détenir, au moment où elles annonçaient la visite du président français Nicolas Sarkozy.

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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