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Sarkozy au Tchad pour parler démocratie et droits de l'homme - Reuters

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Nicolas Sarkozy est arrivé à N'Djamena pour une brève visite au Tchad pendant laquelle il a l'intention de demander au président Idriss Déby d'accélérer le processus démocratique au Tchad.

Le président français était accompagné par sa nouvelle femme, la chanteuse et ancienne mannequin d'origine italienne Carla Bruni-Sarkozy, dont c'est la première sortie officielle hors de l'Hexagone en tant que première dame.

Le chef de l'Etat était accompagné en outre par le ministre de la Défense, Hervé Morin, le commissaire européen au Développement, Louis Michel, et l'ancien président sénégalais Abdou Diouf, secrétaire général de la Francophonie. Arrivé à 17h45, il a été accueilli à sa descente d'avion par Idriss Déby, avec qui il devait ensuite avoir un entretien.

Nicolas Sarkozy évoquera "toutes les questions", dont celle des opposants politiques tchadiens disparus depuis l'attaque avortée de rebelles contre N'Djamena, début février, a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez.

Avant son départ, le chef de l'Etat a reçu six organisations non gouvernementales pour évoquer ces disparitions.

Selon le porte-parole de l'Elysée, David Martinon, il leur a donné "toutes les informations en sa possession sur la situation actuelle des opposants disparus" - Ibni Oumar Mahamat Saleh, chef de file de la principale coalition de partis d'opposition tchadien, et Ngarlejy Yorongar.

A la sortie du conseil des ministres, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a dit avoir "certaines nouvelles" de Ngarlejy Yorongar. "Des gens l'auraient vu mais nous devons absolument nous en assurer", a-t-il déclaré.

DÉMOCRATISATION

Nicolas Sarkozy "dira au chef de l'Etat tchadien que l'amitié entre nos deux pays ne pourra grandir et se renforcer qu'à condition que le processus de démocratisation du pays reprenne et s'accélère", a expliqué David Martinon mardi.

"Ça veut dire deux choses : d'abord qu'il est essentiel de relancer rapidement le dialogue politique inter-tchadien (...) et ensuite que toute la lumière soit faite et sans délai sur la disparition des deux opposants, M. Saleh et M. Yorongar."

Selon des témoins cités par l'organisation humanitaire Human Righs Watch (HRW), Ibni Oumar Mahamat Saleh et Ngarlejy Yorongar ont été arrêtés chez eux par des soldats après l'attaque des rebelles, ce que contestent les autorités tchadiennes.

"Le message du président à son homologue tchadien sera très clair : il faut une enquête crédible donc il faut une commission d'enquête crédible", a ajouté David Martinon.

Une commission d'enquête "fiable" cela signifie une commission "internationale, avec des acteurs internationaux reconnus qui puissent savoir ce qu'il est advenu de ces deux personnes dont on n'a pas de nouvelles", précise l'Elysée.

Selon David Martinon, la visite du président français a deux autres objectifs :

  • "Réaffirmer l'amitié et la solidarité de la France envers le peuple tchadien qui est la première victime des crises à répétition que connaît le pays" ;
  • Réaffirmer la nécessité de déployer la force européenne de sécurisation de l'Est tchadien, l'Eufor, le long de la frontière avec le Darfour - environ 700 hommes aujourd'hui dont 200 au QG de N'Djamena, pour un objectif total de 3.700 militaires.

L'ARCHE DE ZOÉ

Nicolas Sarkozy avait dit le 4 novembre, lorsqu'il était venu chercher à N'Djamena trois journalistes français et quatre hôtesses de l'air espagnoles, arrêtés avec six membres de l'organisation non gouvernementale "L'Arche de Zoé", qu'il reviendrait à N'Djamena en février pour une visite politique.

L'Elysée admet cependant que le chef de l'Etat a hésité à effectuer cette visite dans les circonstances actuelles et n'a pris cette décision "qu'après mûre réflexion".

La France a soutenu Idriss Déby face à l'attaque des rebelles qui ont tenté, les 2 et 3 février, de le renverser et sont arrivés aux portes de son palais, avant d'être repoussés.

Hors Eufor, la France dispose d'environ 1.100 soldats au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, mis en place en 1986 pour contribuer au maintien de la paix dans ce pays.

Selon le ministère français de la Défense, l'aide militaire de la France a pris quatre aspects : contrôle de l'aéroport de N'Djamena, qui a permis à Idriss Déby de continuer à utiliser ses hélicoptères de combat; fourniture de renseignements sur les mouvements des rebelles; transport de munitions, notamment pour les chars T55 de fabrication soviétique de l'armée tchadienne; soutien logistique sanitaire.

Avant de repartir pour le Cap et une visite d'Etat en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy devait dîner mercredi soir avec les troupes françaises sur la base de Kossei, près de N'Djamena.

Les six Français membres de "l'Arche de Zoé" condamnés par la justice tchadienne à huit ans de travaux forcés pour enlèvement d'enfants ont été renvoyés en France pour y purger leur peine. Idriss Déby a annoncé au début du mois qu'il était prêt à les gracier si Paris le demandait. Cette demande de grâce a été transmise à N'Djamena par la France.

"Ce n'est pas l'objet de la visite", disait-on mardi à l'Elysée. "Le président ne souhaite pas mélanger les genres."

Publié dans FRANCE ET TCHAD

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