Des opposants toujours portés disparus

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Ibni Oumar Mahamat Saleh (g) et Ngarlejy Yorongar.(Photos : AFP)

Ibni Oumar Mahamat Saleh (g) et Ngarlejy Yorongar.
(Photos : AFP)

Hervé Morin le ministre français de la Défense a beau attribué à la visite de Nicolas Sarkozy le mérite de la libération du troisième opposant, Lol Mahamat Choua, enlevé lui aussi le 3 février dernier, la France se voit reprocher d'apporter sa caution à un régime liberticide. Reed Brody l'un des responsables de l'ONG Human Rights Watch estime que si les opposants étaient censés réapparaître, la visite de Sarkozy aurait constitué le bon moment. « Le pire est à craindre » renchérit, Antoine Malafosse du Comité catholique contre la faim. Il souligne que le président Déby a suggéré qu'il pourrait y avoir eu des chefs de partis politiques parmi les victimes des combats de février.

A propos de Ngarlejy Yorongar, les autorités tchadiennes racontent depuis vendredi dernier qu’il est en vie, qu’il se cache au Cameroun, mais à Ndjamena, tous les gens que j’ai pu voir hier, m’ont dit qu’ils ne croyaient pas à cette histoire, à commencer par la propre famille de Yorongar qui n’a aucune nouvelle de lui, et qui rappelle qu’il a été arrêté le 3 février au soir par des hommes de la garde présidentielle.

A propos d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, là, il y a un silence total des autorités depuis le 3 février, aucune information. Dans la bousculade, il a perdu ses lunettes, il n’a pas pu emporter de médicaments, alors que sa santé est très fragile ; c’est dire l’inquiétude de sa famille.

Cela dit, il faut noter que dans son intervention hier soir devant les journalistes, à l’issue de son entretien de 90 minutes avec Nicolas Sarkozy, Idriss Déby a quand même lâché quelques indications. Il a commencé à préparer l’opinion à l’idée que certains hommes politiques tchadiens sont peut-être morts. Il a dit que la bataille de Ndjamena a fait 400 morts.

C’est un bilan tout à fait nouveau. Jusqu’à présent, le CICR parlait de 160 morts. Il a ajouté que parmi ces victimes figurent des chefs de partis politiques, une phrase lourde de sous-entendus, et il a dit que l’attaque des rebelles a créé pendant 48 heures un vide institutionnel, une période de flottement, pendant laquelle il a eu à gérer la libération de la ville. Sous-entendu, il s’est peut-être passé des choses en dehors de son contrôle.

Tout ça n’est peut-être pas grand-chose, mais cela ressemble quand même au début d’une ligne de défense, au cas où l’on apprendrait que malheur est arrivé pour l’un ou l’autre des opposants disparus.

Publié dans FRANCE ET TCHAD

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