Tchad: les avocats des opposants "récusent" la commission d'enquête

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

LIBREVILLE - Les avocats des trois opposants tchadiens arrêtés le 3 février à la fin d'une attaque rebelle ratée à N'Djamena, dont un est toujours porté disparu, ont annoncé lundi qu'ils "récusaient" la commission d'enquête créée par les autorités, mettant en cause sa "neutralité".

"Nous estimons que le gouvernement est mal placé pour constituer cette commission. Ce n'est pas le Tchad qui doit prendre l'initiative de la créer et de la diriger", a déclaré à l'AFP l'un de ces avocats, Me Mahamat Hassan Abakar, joint depuis Libreville.

"Le Tchad n'est pas neutre, il ne nous inspire aucune confiance sur la neutralité et la transparence d'une telle commission", a-t-il ajouté, estimant qu'une telle instance devrait être formée "par un organisme international comme l'ONU". "Nous la récusons d'avance", a-t-il affirmé.

Les autorités tchadiennes ont créé lundi une commission d'enquête dirigée par le président de l'Assemblée nationale, Nassour Ouaïdou, membre de la majorité favorable au président Idriss Deby Itno. Cette commission comprendra notamment des représentants de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), l'Union européenne (UE), l'Union Africaine (UA) et la France.

Elle aura trois mois pour faire la lumière sur l'attaque rebelle ratée du 2 et 3 février à N'Djamena et "sur les personnes portées disparues" depuis lors.

Le président Deby avait promis, lors de la visite mercredi à N'Djamena de son homologue français Nicolas Sarkozy, d'ouvrir une "enquête internationale", portant notamment sur le sort des opposants.

Mais Me Abakar a qualifié la commission créée lundi de "nationale".

Trois opposants ont été arrêtés le 3 février par les services de sécurité tchadiens, selon des témoignages concordants. Depuis, l'ex-président Lol Mahamat Choua, détenu par les autorités, a été libéré jeudi, et le député Ngarlejy Yorongar, qui dit avoir réussi à fuir au Cameroun, a réapparu au cours du week-end après avoir été porté disparu pendant près d'un mois.

On ignore en revanche toujours le sort du porte-parole de la principale coalition de l'opposition, Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est sans nouvelles depuis le 3 février.

(©AFP / 03 mars 2008 17h18)

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