LA RENAISSANCE DE LA FRANCAFRIQUE: Idriss Déby évoque "700 morts" et dément l'arrestation d'opposants

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Les combats, début février, entre les forces armées tchadiennes et les rebelles à N'Djamena, la capitale, et à Massaguet, une ville de la même région, ont fait "autour de 700 morts" dont une majorité de civils, a indiqué le président tchadien Idriss Déby, dans un entretien diffusé, jeudi 6 mars, par France 24. M. Déby a laissé entendre que le Soudan voisin était " en train d'équiper (les rebelles) avec de nouvelles armes (...) pour les préparer pour des attaques".

M. Déby a démenti l'arrestation par les forces tchadiennes de deux dirigeants de l'opposition. "Ni M. Yorongar ni M. Ibni Oumar (Mahamat Saleh) n'ont été interpellés par l'armée", a-t-il affirmé avant d'ajouter : "La garde présidentielle avait autre chose à faire."

Les propos du chef de l'Etat s'opposent à ceux de M. Yorongar qui, arrivé jeudi à Paris en provenance du Cameroun, a raconté à la presse comment il avait été arrêté le 3 février à son domicile "par plusieurs militaires armés" avant d'être conduit dans une "prison secrète (installée) dans un petit camp militaire" de la capitale.

Incarcéré, chaînes aux pieds, M. Yorongar sera détenu au secret pendant plus de deux semaines avant d'être libéré le 21 février, après avoir fait l'objet d'un simulacre d'exécution dans un cimetière de N'Djamena. M. Yorongar a ensuite réussi à rejoindre le Cameroun.

L'opposant tchadien s'est également dit convaincu qu'Ibni Oumar, un ancien ministre, un temps détenu dans la même prison que lui, était décédé, "à moins d'un miracle". Mais M. Yorongar n'a aucune preuve formelle du décès.

L'un des enfants d'Ibni Oumar, Hicham, installé en France, est, à l'inverse, convaincu que son père est toujours en vie. "On sait que mon père a été arrêté par des hommes de Déby. Des officiers supérieurs nous ont dit l'avoir vu dans des locaux de la présidence. Il a été torturé et battu, mais on pense qu'il est toujours vivant", confie-t-il.

Le fils de l'opposant, qui a été reçu en milieu de semaine par le président français Nicolas Sarkozy, s'est dit convaincu que "la France était au courant des arrestations opérées par le régime. Elle savait où ils se trouvaient. La "Francafrique'' continue d'exister."

Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde.

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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Bibang Elninga 11/03/2008 05:28

Idriss Deby a bien dit et cela, a plusieurs reprises que les derniers evenements au debut fevrier ont fait d'abord 400 morts, ensuite 700 morts parmi lesquels il ya des chefs de parti politique. Mais au fait, quels sont ces leaders de parti politique? Lol "le rebelle" a ete arrete, fait prisonnier de guerre, relache avec residence surveille, puis totalement en liberte. Yorongar ne doit son salut qu'a sa "derniere priere" au cimetiere de Walia. Il est presentement exile chez Sarkozy qui a ordonne son arrestation avec ses deux autres collegues. Ou est Ibni Oumar Mahamat Saleh? Pourquoi cette generosite subite de la part de Sarkozy: billet d'avion, visa et asil a Yoro? Si Deby controle tout le territoire tchadien comme il l'a dit, qu'il nous dise ou se trouve presentement M. Mahamat Saleh.