Lettre à Nicolas Sarkozy

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens


A son Excellence

Monsieur Nicolas SARKOZY

Président de la République
Palais de l'Elysée
55, rue du faubourg Saint-honoré
75008 Paris

Orléans, le 21 mars 2008


Objet : Demande de suite


Monsieur le Président de la République,


Nous n’avons toujours pas obtenu des informations concernant mon père qui a été enlevé le 3 février 2008 à N'Djamena par des militaires de la garde présidentielle tchadienne.


Suite à notre entrevue, j’étais reparti plein d’espoirs quant à l’aboutissement des recherches ou du moins à l’obtention d’informations concernant cette situation. Vous m’aviez évoqué que vous désiriez également une vraie commission d’enquête, indépendante et réellement ouverte à l’international. Ce qui jusque là n’est pas le cas, car le gouvernement tchadien maintient sa commission de façade et semble ne pas se soucier des recommandations que vous avez promis de faire en faveur de la mise en place d’une véritable commission internationale.

Vous aviez également évoqué le fait que la nouvelle commission devrait rendre des résultats sous quatre jours, pour le moment on remarque qu’on en est loin. Votre conseiller technique, Monsieur Serman, ne nous contacte pas et ne nous tient pas informés de l’avancement de cette situation et cela est regrettable. Nous sommes quasiment sans nouvelles de Monsieur Serman depuis notre entrevue où il nous évoquait divers moyens de pression que le gouvernement français comptait exercer pour que le gouvernement tchadien nous dise la vérité sur cet enlèvement qui est de fait leur œuvre.

Nous sommes extrêmement préoccupés du sort qui a été réservé à mon père et nous constatons également que l'engagement pris par les autorités tchadiennes de mettre en place une commission d'enquête internationale est loin d'avoir été suivi d'effet. La commission aujourd'hui mise en place est très éloignée, qui plus est, de ce qui avait été exigé par la France. Personne ne peut sérieusement penser que la commission actuelle ait ni les moyens ni la volonté de faire la vérité sur les conditions dans lesquelles a été ou reste détenu Monsieur Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Je vous écris ce courrier pour que le dialogue qui s’est ouvert entre nous se poursuive, C’est en tous les cas ce que nous sommes en droit d’espérer compte tenu des termes de notre dernière entrevue. J’en appelle à vous Monsieur le Président de la République pour que vous obteniez de votre homologue tchadien, respectant les engagements pris, à permettre qu'une commission internationale puisse se rendre à N'DJAMENA au plus vite ; afin de faire la vérité sur les conditions dans lesquelles Monsieur Ibni Oumar Mahamat Saleh a été arrêté et détenu quelles qu'en soient les conséquences en termes de responsabilités.

En vous remerciant par avance, de l’intérêt que vous voudriez porter à cette démarche urgente, je vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’assurance de ma très haute considération.

Hicham IBNI OUMAR.





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Adamou Ibrahim 25/03/2008 18:18

Quelle est la réponse donnée par Monsieur le Président De la République de France?