Tchad: Deby reçoit l'opposition pour la première fois depuis le raid rebelle

Publié le par Comité de soutien aux opposants tchadiens

Le président tchadien Idriss Deby a reçu mardi la principale coalition de l'opposition, pour la première fois depuis le raid rebelle raté de début février à N'Djamena, afin de lui demander de renouer le dialogue avec le pouvoir, ont affirmé mercredi à l'AFP des opposants.

"Le chef de l'Etat nous a rencontrés pour nous faire part d'un certain nombre de préoccupations, pour faire avancer le processus démocratique à travers l'accord du 13 août 2007 (entre opposition et pouvoir)", a déclaré un membre de la Coordination des partis politique pour la défense de la Constitution (CPDC).

"Nous lui avons également fait part de nos préoccupations, notamment les préalables quant à notre participation au comité de suivi (de cet accord)", a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat, précisant qu'une nouvelle rencontre aurait lieu "prochainement" pour tenter de "régler tous les problèmes".

La présidence n'a fait aucun commentaire au sujet de cette rencontre.

La CPDC, qui regroupe la plupart des partis d'opposition, a suspendu sa participation au comité de suivi de l'accord du 13 août après la bataille de N'Djamena et les arrestations d'opposants qui ont suivi.

Le porte-parole de la CPDC Ibni Oumar Mahamat Saleh, arrêté par la garde présidentielle le 3 février selon des témoignages concordants, est toujours porté "disparu".

L'opposition a fait de sa libération "immédiate et inconditionnelle", ainsi que de la création d'une commission d'enquête "réellement internationale et réellement indépendante" sur les disparitions d'opposants, des préalables à son retour au sein du comité de suivi de l'accord du 13 août, censé aboutir à des élections démocratiques en 2009.

Sur ces questions, "il y a toujours un grand désaccord", a estimé un autre responsable de la CPDC, Salibou Garba. "Le président Deby continue de dire qu'il ne sait pas où se trouve Ibni", a-t-il expliqué.

Il a ajouté que l'opposition n'approuvait pas la commission d'enquête tchadienne sur l'attaque rebelle, au sein de laquelle l'Union européenne (UE) et la Francophonie sont "observateurs", car "elle n'est pas internationale".

"Le président nous a proposé de faire partie de cette commission, mais nous n'avons pas encore répondu", a précisé Salibou Garba.

Il a néanmoins fait état de "petites avancées": "Deby a dit qu'il est prêt à entendre nos propositions sur un forum pour la paix, et nous a demandé d'en définir les contours".

La CPDC exige un dialogue "élargi" aux rebelles, ce que le pouvoir a jusqu'ici refusé.

Publié dans CPDC

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