Mobilisation des enseignants pour la libération de IBNI OUMAR

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

Présentation de la Rencontre Portrait

Ibni Oumar Mahamat Saleh

Aline Bonami

Nous sommes ici pour ne pas oublier Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont on est sans nouvelles depuis près de 5 mois, après son enlèvement à son domicile le 3 février. Nous n’avons pas voulu que l’année universitaire se termine sans lui rendre cet hommage et sans tenter encore d’obtenir des précisions sur la réalité de son sort. Nous vous remercions tous d’être venus. Nous remercions le Président de l’Université, Gérald Guillaumet, de nous avoir permis d’utiliser l’un des salons de la présidence pour cette réunion.
Nous sommes ici pour parler d’Ibni Oumar en tant qu’universitaire. Ce n’est pas, bien sûr, du fait de ses activités universitaires qu’il a disparu, mais bien du fait de ses activités politiques. Aussi je parlerai un instant de ces dernières, pour que l’on comprenne la situation, mais nous laisserons ensuite la politique de côté. Le président Guillaumet n’a pas souhaité que des personnalités du monde politique participent à cette réunion, et nous respecterons sa position. Ibni Oumar a fait toutes ses études supérieures à l’université d’Orléans. Il est docteur de l’Université d’Orléans, et son directeur de thèse, François Combes, est présent aujourd’hui. Plusieurs de ses anciens condisciples africains de l’époque sont également ici, pour témoigner.
David Békollé, qui est actuellement vice-recteur de l’université de N’Gaoundéré au Cameroun et vice président de l’Union mathématique Africaine (UMA), nous dira quelques mots. Ibni Oumar a continué à avoir des relations suivies avec l’Université d’Orléans grâce aux accords de coopération qui l’unissent à l’Université de N’Djamena, et dont il a été un des principaux acteurs. Yves Denizeau et Xavier Galiègue, ancien et actuel responsables orléanais, en parleront. Ses deux fils, Hicham et Mohamed Saleh, que nous remercions d’être ici, sont venus à leur tour étudier à l’université d’Orléans. C’est dire les liens profonds qui unissent Ibni Oumar à Orléans. Ibni Oumar a été nommé professeur à l’université de N’Djamena en 1985. Il a rapidement exercé des responsabilités universitaires, puis ministérielles et politiques, au Tchad. Il a été ministre sous les présidences d’Hissène Habré, puis d’Idriss Déby, ceci jusqu’en 1993. Il a en particulier été ministre de la recherche et l’enseignement supérieur, ainsi que du plan et de la coopération. Il a fondé en 1993 le PLD (Parti des Libertés et du Développement). Il a été candidat à la présidence en 2001. Au moment de son enlèvement il était à la tête d’une coalition de 21 partis d’opposition démocratique au Président Déby. Son enlèvement, par des hommes en armes, a eu lieu le même jour que ceux de Lol Mahamat Choua et Ngarlejy Yorongar, libérés depuis, au lendemain du départ des troupes rebelles qui avaient tenté de s’emparer du pouvoir.
Une vive émotion s’est emparée de ses amis orléanais à l’annonce de la disparition d’Ibni. Elle s’est rapidement étendue dans la communauté mathématique. Une pétition a été lancée par les trois sociétés savantes françaises de mathématiques, rapidement relayées par leurs homologues étrangères. Lionel Schwartz, professeur à l’université de Paris XIII, représente ici la Société Mathématique de France (SMF) et la Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles (SMAI).
Nous vous proposons donc de donner successivement la parole à François Combes, Lionel Schwartz, David Békollé, Yves Denizeau et Xavier Galiègue. Nous répondrons ensuite aux questions.


Intervention de François Combes

Professeur honoraire à l’Université d’Orléans

Je connais Monsieur Ibni Oumar depuis 1971. Il a fait ses études universitaires à l’Université d’Orléans. Je ne l’ai vraiment connu qu’en licence et DEA , et surtout en dirigeant sa thèse de 3 ème Cycle. Son sujet de travail était très nouveau à l’époque et les thématiques sur lesquelles il s’appuyait ont connu par la suite de nombreux développements. Ensuite, il est rentré au Tchad. Il a été nommé Professeur à l’Université de N’Djamena et ensuite Recteur et Ministre.
Dès qu’il fut Ministre, il nous a contacté en nous proposant d’initier un accord de coopération entre les deux Universités du Tchad et d’Orléans. Nous avons signé un premier accord pour les Mathématiques. L’année suivante, Monsieur Denizeau a accepté de gérer cet accord, qui a ensuite été élargi à toutes les composantes de l’Université. Monsieur Ibni Oumar est venu souvent à Orléans. Il s’intéressait à tout ce qui pouvait contribuer au développement du système éducatif de son pays. Par exemple, en tant que Ministre, il a pu visiter le Lycée Pothier, dont les classes préparatoires étaient modernisées. La première année, je suis allé à N’Djamena. J’ai enseigné une unité semestrielle de licence (Mesure et Probabilités). Pendant mon séjour, j’ai eu de nombreuses discussions avec les collègues de N’Djamena et Monsieur Ibni Oumar sur les détails de l’accord. Nos relations étaient très amicales et j’ai eu le plaisir d’être invité dans sa famille. Par la suite, dans ce climat de confiance, Monsieur Ibni Oumar a envoyé ses fils aînés faire leurs études supérieures à Orléans. Tous ces contacts se sont poursuivis jusqu’à maintenant. J’ai pu apprécier, année après année, la riche personnalité de Monsieur Ibni Oumar. Il est toujours posé, clair, simple, affectueux, à l’aise avec tout le monde, mais avec un langage châtié, précis, élégant. On sentait qu’il avait eu une très bonne éducation. A N’Djamena, on voyait des coopérants, des commerçants de passage… Monsieur le Ministre Ibni Oumar avait une forte réputation auprès de tous, due à ces qualités. Je n’oublierai jamais N’Djamena, Monsieur Ibni Oumar et ses collègues, tout un groupe de personnes généreuses, désintéressées, qui ont agi pour le mieux, pour les autres. Quand je pense que Monsieur Ibni Oumar est maintenant enfermé, sans contact, peut-être assassiné, lui qui a voulu apporter le meilleur à son pays pauvre, alors pour moi c’est insupportable.


Intervention de Lionel Schwartz

au nom des sociétés savantes de Mathématiques

Les sociétés savantes françaises de mathématiques (Société Mathématique de France SMF, Société de Mathématiques Appliquées et Industrielles SMAI, Société Française de Statistiques SFDS) sont à l’initiative d’une pétition ( http://smf.emath.fr/PetitionSaleh/ ) adressée au président de la République du Tchad M. Idriss Deby et au président de la république française M. Nicolas Sarkozy afin que toute la lumière soit faite sur le sort du mathématicien Ibni Oumar Mahamt Saleh, ancien ministre, enlevé à son domicile le 3 Février 2008. Ibni Oumar Mahamet Saleh est titulaire d’une thèse de 3-ième cycle de l’Université d’Orléans, université où il a fait toutes ses études supérieures. Il est professeur à l’Université de N’Djamena depuis 1985, où il a fait preuve d’un dynamisme remarquable dans ses activités d’enseignement. Il a exercé d’importantes responsabilités, il fut recteur de l’Université en 1990-91. Son enlèvement, ses circonstances, ont soulevé un grand émoi dans la communauté mathématique internationale. L’émotion est grande parmi les mathématiciens africains, français, européens, américains et au delà. En témoigne le large écho international de la pétition et les actions variées qui ont été engagées par des sociétés savantes tant nationales qu’internationales pour connaître la vérité. La pétition a recueilli un écho très important chez les mathématiciens africains, en particulier ceux de la diaspora qui sont installés aux Etats Unis. Elle a à ce jour recueilli 2889 signatures. Elle a été déposée auprès de la présidence de la République française et de la République du Tchad (par fax) le 14 Mars. Le même jour un communiqué a été envoyé à l'Agence France Presse. L'Agence France Presse a publié une dépêche le 15 Mars qui a été reprise par plusieurs médias, parmi lesquels Le Monde et TV5 Monde. Marie Françoise Roy, ancienne présidente de la SMF et qui est très engagée dans la coopération scientifique avec les pays africains, a été interviewée par BBC Afrique, puis par la Voix de l'Amérique pour diffusion en Afrique. L'Académie des Sciences française a écrit a Bernard Kouchner. Egalement à la mi-Mars au Canada, l'ensemble des adhérents de la Canadian Mathematical Society (CMS) ont été informés et invités à signer la pétition. En Inde, la Ramanujan Mathematical Society a également informé ses membres de la pétition de même qu’en Espagne la Société Royale de mathématiques. La société mathématique Européenne (EMS) a diffusé un courriel à toutes les sociétés savantes européennes adhérentes et diffusé l’information dans son bulletin. L'Union Mathématique Internationale (IMU) a également relayé cet appel le 28 Mars( http://www.mathunion.org/index.php?id=204&L=0&type=1). L’American Mathematical Society (AMS) a appelé à signer la pétition plus récemment. RFI a diffusé le lundi 21 avril un sujet sur la pétition. La Recherche a publié un article dans son courrier des lecteurs, à la suite d’une réunion tenue le 10 avril à 0rléans, en présence des adjoints au maire d'Olivet Phillipe Belouet et Jean-Luc Molvot et du sénateur du Loiret Jean- Pierre Sueur, et des deux fils d'Ibni Oumar, Hicham et Mohamed Saleh. En l’absence de réponse, les présidents des sociétés savantes françaises (SMF, SMAI, SFDS) ont de nouveau envoyé des lettres aux présidents Deby et Sarkozy, avec la liste des signataires. D'autres lettres ont été adressées aux autorités tchadiennes par les sociétés savantes nord-américaines. La pétition a été relayée auprès des parlementaires français et de la présidence de la République par Jean-Pierre Sueur, sénateur du Loiret, et Gaëtan Gorce, député de la Nièvre, nous tenons à les en remercier ici. Le président a répondu le 4 Juin à J. P. Sueur, indiquant qu’il avait demandé au président Idriss Deby le 27 Février « l’établissement sans délai d’une commission d’enquête sur le cas de M. SALEH », que son épouse s’était entretenue avec Mme SALEH et qu’il avait reçu au Palais de l’Elysée leur fils Hicham. Il a indiqué que des experts internationaux avaient été dépêchés à N’Djamena pour appuyer les travaux de la commission qui a été mise en place, commission dont la composition a été modifiée à la demande de la France. Le rapport et le conclusions sont attendus courant Juillet. De son côté la CMS a effectué des démarches auprès du Ministère des Affaires Etrangères du Canada. Par lettre du 8 Juin le ministère a répondu que des investigations avaient été effectuées par la « High Commission of Canada in Yaounde », et le consul honoraire du Canada à N’Djamena pour donner suite à cette requête. Il apparaîtrait à la suite de cette enquête que Ibni Oumar Mahamet Saleh est décédé alors qu’il se trouvait en détention (custody). Le ministère des affaires étrangères du Canada indique par ailleurs que les autorités tchadiennes ont rejeté le recours à une enquête internationale et considèrent qu’ils sont à même de mener l’enquête. Les sociétés savantes ont, à la suite de cette lettre, pris contact avec le Ministère des Affaires Etrangères qui nous a indiqué suivre l’affaire avec la plus extrême attention. A. Bonami et Marie-Françoise Coste Roy, qui coordonnent l’action des sociétés savantes, tiennent une page web http://smf.emath.fr/PetitionSaleh/messages.cgi sur le site de la SMF où sont tenues à jour les informations sur les initiatives que l’on vient d’évoquer.
Les sociétés savantes réaffirment ici leur demande que toute la vérité soit faite sur le sort de notre collègue le professeur Ibni Oumar Mahamet Saleh. Elles expriment leur solidarité à la famille de Ibni Oumar Mahamat Saleh.


Intervention de David Békollé

professeur, vice-recteur à l'Université de Ngaoundéré (Cameroun) et vice-président de l'Union Mathématique Africaine en charge de l'Afrique Centrale

IBNI est mon camarade. Je l'appelle IBNI, il m'appelle BEKOLLE. Nous avons étudié ensemble les mathématiques à l'Université d'Orléans dans les années soixante-dix. Dans la résidence universitaire d'Orléans la Source, nous avons partagé des moments irremplaçables, des moments uniques dans nos vies. Nous avions nos classes où nous nous préoccupions de l'état de l'Afrique, de son développement, de son avenir, de notre avenir. Nous avions vingt ans! Nous sommes rentrés dans nos pays. IBNI est mon collègue, nous sommes professeurs de mathématiques à l'université. Nous nous sommes revus une seule fois: c'était à l'intérieur de la Bibliothèque de Recherche en Mathématiques de Jussieu. Il était alors ministre au Tchad! Depuis bientôt trois ans, j'ai été muté à l'Université de Ngaoundéré, au Cameroun. Cette université est la plus proche, géographiquement parlant, de l'Université de N'Djamena, où enseigne IBNI, mon collègue, mon camarade. Depuis quatre mois, je m'inquiète du sort d'IBNI. Nous sommes inquiets de son sort. En ma qualité de vice-président de l'Union Mathématique Africaine en charge de l'Afrique Centrale, je dois reconnaître une certaine apathie de notre association panafricaine et j'avoue sa faiblesse d'organisation. Les mathématiciens africains font corps avec la communauté mathématique internationale, la Société Mathématique de France et toutes les sociétés savantes, pour manifester leur profonde inquiétude. Quatre mois déjà! Bientôt cinq mois qu'IBNI a disparu! Les universités africaines se joignent à l'Université d'Orléans, l'université d'IBNI, les scientifiques africains sont unis aux scientifiques de France et du monde entier dans un mouvement solidaire pour exiger de connaître la vérité.


Témoignage sur les actions de coopération

En tant qu’ami d’Ibni Oumar
Yves Denizeau

De retour dans son pays, muni d‘une solide culture mathématique et de ses expériences d’enseignement en France, en Algérie et à l’université de Niamey, Ibni Oumar à très vite pris la mesure de l’un des handicaps majeurs de l’université de N’Djamena qui tentait de se reconstituer après des années de guerre : le faible niveau scientifique des enseignants en poste, dont beaucoup étaient à peine titulaires d’une maîtrise.
Comme vient de l’expliquer Monsieur Combes, Ibni Oumar a pris l’initiative en 1991 de demander à l’université d’Orléans de participer à un accord inter-universitaire de soutien à l’université de N‘Djamena. D’abord limité aux mathématiques puis très rapidement étendu à d’autres disciplines, en association avec l’INSA de Lyon et l’Université d’Avignon, la mission qui nous a été confiée était de progressivement porter la qualification des enseignants tchadiens au niveau du DEA puis si possible de la thèse. Cet accord a été conçu comme un outil d’éclairage et de pilotage d’un plan pluri-annuel d’aide à l’université de N’Djamena beaucoup plus important, lui aussi financé par le gouvernement français. La conception de ce mode de fonctionnement efficace et souple est largement due à Monsieur Ibni Oumar. Mode de fonctionnement qui a été parfois été cité comme exemple par le Ministère des Affaires Etrangères.
Je ne prétendrai pas qu’il n’y eut pas de difficultés. Un seul exemple : en 1992 il n’était pastrès facile de convaincre certains collègues tchadiens qu’une inscription en DEA ou en thèse n’entraînait pas automatiquement à terme l’obtention du diplôme. Sur ce point comme sur beaucoup d’autres, avec quelques-uns de ses pairs, Ibni Oumar a toujours su, quelles que soient les lourdes responsabilités qui étaient les siennes par ailleurs, nous apporter son aide avec toute la discrétion et le doigté nécessaires. Cette aide était d’autant plus efficace qu’il n’a jamais perdu le contact avec le milieu universitaire. En particulier, Ibni Oumar a toujours tenu à assurer sa part d’enseignement. Une quinzaine d’années plus tard et malgré quelques échecs, le niveau scientifique et le nombre de DEA et de thèses qui ont été délivrés m’autorisent à dire que l’idée d’Ibni Omar était bonne. De plus, au delà de l’objectif initial de formation de base, Ibni Oumar était conscient de la nécessité de permettre à autant d’enseignants tchadiens que possible de se réinsérer dans le tissu universitaire international et de nouer des contacts durables avec leurs homologues européens et africains. Monsieur Békollé peut témoigner que ce processus est bien engagé, au moins dans certaines disciplines. L’accord que j’ai cité perdure, et l’un de ses buts est maintenant la consolidation des réseaux qui se sont crées. Je ne peux passer l’ami sous silence. La chaleur et l’attention avec laquelle il nous a reçu à chacun de nos séjours, les visites qu’il nous rendait lors de ses séjours en France, la richesse des discussions qui occupaient chacune de nos rencontres, la justesse et la lucidité des ses vues, son souci constant d’oeuvrer pour le bien de son pays, me rendent sa disparition insupportable.
Je veux terminer en évoquant l’honnête homme. Bien sûr tout au long de ces années, entre collègues avignonnais, lyonnais et orléanais, nous nous sommes souvent demandés s’il était raisonnable de faire autant d’efforts pour une université qui réunissait tant de difficultés. Eh bien c’est l’existence de personnalités de l’envergure d’Ibni Oumar qui nous a convaincus de continuer le travail. Cet homme nous a fait confiance en nous proposant de l’aider à transformer son université, Il nous a fait confiance en envoyant ses fils faire leurs études dans notre université. Dans le contexte de son pays, il a fait siens nos idéaux : éducation, droits de l’homme, strict respect démocratique dans son action politique. Il a su rassembler autour de lui des mouvements oeuvrant dans ce sens. Quel courage dans un pays soumis aux rivalités armées de multiples clans.
Nous nous devons maintenant de tout faire pour l’aider. L’action de notre pays dans le monde est aussi lié à l’émergence de tels hommes. Et c’est un homme de cette qualité qui a été enlevé, voire brutalisé, par on ne sait quelle soldatesque, qui a disparu du jour au lendemain sans que nul n’en ait la moindre nouvelle depuis pratiquement cinq mois !
Une telle situation est totalement inacceptable et révoltante.

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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nadjma ahmat adoum 09/07/2008 22:33

cette disparution nous est d'autant plus insupportable vu l'importance de cet homme pour l'éducation au tchad.Et rien que pour ça on continue à esperer inchallah qu'il soit toujours en vie.l union europeenne doit vraiment mettre la préssion sur la france pour activer cette lberation.
ensuite j aimerai dire un grand merci pour toutes ces elytes scienifiques qui continuent à le soutenir et j espere qu ils continueront car c est triste de le dire mais tout le monde sait que deby a tout simplement hate que cette affaire s etouffe et que les gens oublient
ON OUBLIERA JAMAIS!!!!!!
nadjma