Malaise au sein de la Commission d’enquête sur les événements de février 2008

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

Idriss Déby aurait reçu hier, par des voies frauduleuses, le rapport de la Commission d’enquête chargée de faire la lumière notamment (en particulier devrait-on dire) sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh lors des événements de février 2008, a-t-on appris de sources concordantes. C’est un appel téléphonique des services de l’ANS, exigeant que certains points du rapport soient aménagés avant sa publication, qui a mis la puce à l’oreille de certains membres de la Commission. Ces derniers soupçonnent quelques collègues des sous-commissions (ou comités techniques) d’être à l’origine des « fuites » constatées.
 

Selon une  source proche de la commission, Idriss Déby lui-même aurait « discrètement souhaité prendre connaissance du contenu du rapport avant sa publication afin de procéder, s’il y a lieu, à des réajustements pour raisons d’Etat ». Inutile de préciser que c’est un ministre particulièrement zélé qui s’est "personnellement" chargé de « fournir une copie conforme du rapport à Son excellence Monsieur le Président de la République, chef de l’Etat ».
 

On comprend mieux pourquoi la transmission officielle de ce rapport au chef de l’Etat, qui devrait intervenir au plus tard aujourd’hui 31 juillet 2008, a été repoussée à une date ultérieure sans que ce report ait été motivé par quelque motif légitime susceptible de modifier les résultats de l’enquête.
 

Dès la  mise en place de cette commission d’enquête, des sérieux doutes ont été émis sur son indépendance et sa crédibilité. Plusieurs organisations de  défense des droits de l’Homme ont demandé que soit menée une enquête répondant aux normes internationales relatives à l’indépendance de ce type de mission, par exemple une enquête réalisée par le Groupe de travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires. 

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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