Brefs propos sur l'interview de Massalbaye

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

Cette interview, publiée sur le site internet du Cefod, a été réalisée avant l’achèvement des travaux de la Commission d’enquête sur les événements de février 2008. Massalbaye avait annoncé que la primeur du contenu du rapport était réservée au chef de l’Etat qui ne serait pas tenu de le rendre public. Il disait toutefois espérer que le Président Déby « portera le rapport tel quel, sans aucune modification, à la connaissance du public ». Voilà des propos qui manifestent le manque de confiance total de certains membres de la commission envers le chef de l’Etat qui n’est pas, rappelons-le, un honnête homme.

La précaution verbale de Monsieur Massalbaye Tenebaye était d’autant plus justifiée que n’eut été la pression des organisations des droits de l’Homme, Idriss Déby allait maintenir à la tête de cette commission son ami Nassour Ouaiddou Guelndouksia, Président de l’Assemblée Nationale, qui ne se serait pas gêné d’établir un rapport fantaisiste destiné à faire plaisir à son mentor. Mais le remplacement, à la tête de la commission, du Président de l’Assemblée Nationale par l’Avocat Maître Djaïbé n’était nullement de nature à rendre crédible la composition de cette commission.

D’une part Maître Djaibé n’est personne d’autre que le frère du Secrétaire général de la Présidence, le Docteur DJAIBE NGOMBAYE (imaginez la suite), d’autre part cette commission était noyautée par des amis du Ministre de l’Intérieur, le très zélé Ahmat Mahamat Bachir dont nul ne doute qu’il transmettrait à Déby Ino toutes les informations « confidentielles » que lui fournissaient ses amis. L’enthousiasme de Déby au jour de la remise du rapport confirmait d’ailleurs les révélations faites par Lyadish selon lesquelles il y avait un malaise au sein de la commission. IDI avait en effet été informé officieusement des résultats de l’enquête. Sinon, comment se fait-il qu’il trouve ce rapport « crédible » avant même de l’avoir lu ?

Ce rapport est vide, vidé de sa substance et détourné de son objectif. "Le rapport traite des responsabilités et finit par des recommandations. Les conclusions constituent des pistes à exploiter sur le plan juridique, administratif, social et politique", avait indiqué le Président de la Commission. C’est tout, sauf un rapport crédible. Ibni Oumar Mahamat Saleh et les autres victimes de la barbarie d’Idriss Déby Itno méritaient mieux que ça.

Mayélé Kingston

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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