Pourquoi la France a-t-elle laissé mourir l’opposant tchadien IBNI OUMAR ?

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR








Notre père IBNI OUMAR était un Grand Homme, doux, sage et généreux. Universitaire et ancien recteur, homme d’État qui fut ministre pendant sept ans, Secrétaire Général du Parti des Libertés et du Développement, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2001(dont il a porté les preuves de falsification aux autorités européennes de l’époque), porte-parole de l’opposition civile qui a boycotté le référendum de 2005 permettant la modification de la constitution qui revenait à accorder la Présidence à vie à Idriss Deby. Soutenu par une foi inébranlable en la victoire de la justice, rejetant tout armement de l’opposition, Ibni Oumar Mahamat Saleh a fait le choix d’une action politique démocratique. Depuis longtemps (et particulièrement au début des événements de février 2008), Paris sait parfaitement cela.

Comment donc l'ambassadeur de France au Tchad, Monsieur Foucher, a-t-il pu prendre au mot le président Déby qui prétendait que notre père collaborait avec les rebelles ? 

Ibni Oumar a été enlevé à son domicile par la garde présidentielle du président IDRISS DEBY ITNO, le 3 février 2008, à 19 h 30. Le jour de son enlèvement, il était entouré de notre mère, de nos petits frères et de quelques amis venus lui rendre visite. Des jeunes qui jouaient devant son domicile ont vu clairement que la milice qui a enlevé IBNI était bel et  bien de la Garde présidentielle.

En France, le quai d’Orsay était au courant et a suivi l’affaire en temps réel. Depuis, une commission d’enquête a été mise sur pied au Tchad dont le rapport n’a été divulgué que début septembre. Le disparu serait « probablement décédé », mais aucune explication supplémentaire n’est fournie.

Tous les partenaires internationaux du Tchad connaissent la pratique politique du Président actuel. Elle s’illustre dans la déshumanisation de son propre  peuple.

Le quotidien d’un ménage tchadien est obligé d’intégrer les actes de violences politiques devenus un système de gouvernement. Les défenseurs des droits de l’Homme au Tchad confirment que les disparitions forcées sont des épreuves doublement paralysantes pour les victimes directes et indirectes car elles  n’osent entreprendre la moindre action de peur d’aggraver le sort de leurs proches. Elles restent souvent dans une ignorance totale pendant des années, passant de l’espoir au désespoir, dans l’expectative et dans l’attente, de nouvelles qu’elles ne recevront sans doute jamais.

Le président Déby avait une opportunité unique de reconstruire cette nation. Aujourd’hui l’espoir de décembre 1990 s’est évaporé malgré les rentrées d’argent offertes par l’exploitation du pétrole. La gestion du pays est mafieuse et les ressources sont pillées. La population est laissée sans moyens d’accès à la santé et aux mesures d’hygiène élémentaires. De plus elle doit subir les caprices meurtriers des hommes de l’ethnie du Président qui se comportent en terrain conquis dans tout le pays. Les paysans ne peuvent cultiver librement dans ce désordre permanent et la nourriture est insuffisante. On assiste à une dégénérescence de la vie politique, judiciaire, économique et sociale, au bâillonnement de la presse et de tous les moyens d’expression. Le siège du parti de notre père a été cambriolé pour en faire disparaître tous ses portraits que ses militants voulaient utiliser pour rappeler son enlèvement. Un rassemblement pacifique de prières à sa mémoire a même été interdit avec menaces de poursuites jusque dans les domiciles des militants, des cassettes de toutes les tournées du Secrétaire Général du PLD sont saisi arbitrairement à l'aéroport de Ndjamena pour assassiner une nième fois IBNI. Les violations graves des droits de l’homme sont quotidiennes.

Ceux qui paraissent le plus embarrassés par notre divulgation du décès de notre père Ibni Oumar Mahamat Saleh sont Nicolas SARKOZY et Bernard KOUCHNER. Pourtant ce sont eux qui ont fait tout leur possible pour fournir à IDRISS DEBY une GARDE EUROPEENNE capable de doubler l’Opération « EPERVIER ». Ils ont ainsi permis de sauver un régime moribond que sa Garde Républicaine n’arrivait plus à protéger. L’attaché de défense de la France, dont Idriss DEBY a exigé le maintien au Tchad, a joué le rôle de véritable conseiller spécial auprès du chef de l’État tchadien et il aurait certainement beaucoup de choses à nous dire.

Comment imaginer que le chef d’État français, chef des Armées, ne sait rien du sort du disparu quand certains militaires français sont au cœur du dispositif politico-militaire du Président tchadien ?

Nous étions très pessimiste quand au travail de la  commission très partiale qui a été mise sur pieds sur l'initiative du Président français avec de surcroît un de leur représentant;

Le rapport fait état des divers violations des droits de l'homme, des viols commis par les forces gouvernementales aux environs du Palais présidentielle; en un mot il est clairement dit que le Tchad n'est pas un état de droit; maintenant que les conclusions et les recommandations sont là, Concrètement quelles sont les mesures prises par le gouvernement français ?

Que veut la France au Tchad ? Certainement pas un président comme Ibni Oumar qui se préoccupe du sort du plus petit des Tchadiens et n'a que faire des ambitions françaises. Honte à ceux qui ont  laissé commettre un tel crime contre l'humanité. En offrant Ibni Oumar à Idriss Deby c'est de l'assassinat de tout un peuple dont ils se sont rendus coupables.

Les protecteur du dictateur s'empressent de nous recevoir à tous les niveaux pour vouloir gagner du temps ou noyer le poisson; Nous, famille d’Ibni Oumar, poursuivons le combat et attendons la manifestation de la vérité .

 

Mohamed Saleh IBNI OUMAR 

 

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abchanab 15/12/2008 08:46

Oui Mht saleh gloire à Ibni un homme valeureux.c'était lui notre espoir notre avenir mais ils ont osé nous l'arracher.Ils repondront tous de leur acte que ce soit devant la justice ou devant Dieu inchallah