Tchad: interdiction de commémorer la disparition de l'opposant Ibni Oumar

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

N'DJAMENA - "La journée du souvenir" prévue mercredi par l'opposition pour commémorer la disparition de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, n'a pas eu lieu en raison d'une interdiction du ministre de l'Intérieur, a constaté un journaliste de l'AFP.

La manifestation devait avoir lieu dans le quartier de Moursal (sud) devant le domicile de Saleh Kebzabo, porte-parole adjoint de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC), principale coalition de l'opposition dont le porte-parole demeure Ibni Oumar Saleh.

"Grande a été notre surprise de constater l'interdiction, par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, de toute manifestation ayant trait à l'évocation de ces kidnappings politiques", affirme la CPDC dans un communiqué.

"Les partis politiques membres de la CPDC s'insurgent une fois de plus contre cet ancrage dans l'arbitraire, contraire à tous les textes légaux de la République et tous les engagements du gouvernement, notamment l'accord politique du 13 août 2007 en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad", ajoute le communiqué.

"Nous voulions une journée symbolique pour se souvenir de notre camarade et demander vérité et justice sur son sort. C'était une action pacifique que nous avons voulu mener", a affirmé un membre de la CPDC, qui a requis l'anonymat.

"Nous ne comprenons pas l'attitude du ministre de la Sécurité à qui nous avons pourtant demandé une autorisation en bonne et due forme", a-t-il poursuivi.

La CPDC prévoyait initialement d'organiser une marche pacifique le mardi et un meeting pour commémorer cette disparition.

Les 2 et 3 février 2008, les rebelles avaient encerclé le palais présidentiel et avaient failli renverser le président Idriss Deby Itno, avant d'être repoussés in extremis par les forces gouvernementales, notamment grâce au soutien de l'armée française.

"Le 3 février 2008, dans l'après-midi, alors que les forces rebelles se sont retirées de N'Djamena, les éléments de l'armée gouvernementale ont procédé à des enlèvements, à leurs domiciles respectifs, de (l'ancien) président Lol Mahamat Choua, du député Yorongar Ngarléjy et de notre camarade Ibni Oumar Mahamat Saleh", rappelle le communiqué.

Si les deux premiers ont, depuis, recouvré leur liberté, Ibni Oumar a été donné pour mort par la commission d'enquête sur les événements de févier 2008.

(©AFP / 06 février 2009 12h52)

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