ACAT: Mort d’un opposant politique aux mains des autorités tchadiennes

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

Action du mois novembre 2008 :

 

 

Le 3 février 2008 au soir, à l’issue de violents combats à N’Djamena entre l’armée tchadienne, soutenue par l’armée française, et des rebelles, plusieurs dirigeants de l’opposition sont raflés à leur domicile par un escadron de militaires. Deux d’entre eux seront relâchés dans les semaines qui suivent. Mais pas Ibni Oumar Mahamat SALEH, le porte-parole de la Coordination des partis pour la défense de la Constitution (CPDC).

A la demande de la France, une Commission d’enquête est mise en place afin de faire la lumière sur ces disparitions. Après des semaines d’investigations et l’audition de près de 1.500 personnes, la Commission conclue au probable décès de l’opposant, tout en reconnaissant n’avoir obtenu aucune information précise sur son sort. Selon toute vraisemblance, M.SALEH est mort assassiné ou des suites des mauvais traitements subis. La responsabilité des plus hautes autorités tchadiennes est mise en cause. La rafle des trois opposants, qui s’est déroulée en deux heures, a été exécutée par « sept à dix militaires, de l’ethnie Zaghawa », dont est issu le président DEBY. Elle ne peut résulter « d’une initiative personnelle d’un quelconque militaire subalterne ». L’escadron agissait sur « ordre de sa hiérarchie ou des instances supérieures de l’Etat ». Dès lors, « se pose la question du rôle du chef de l’Etat dans la chaîne de commandement ».

Par souci de cohérence et pour écarter tout soupçon de complicité avec le régime de DEBY, la France devrait établir comme une priorité de sa politique au Tchad l’identification et la traduction devant la justice des auteurs et commanditaires de la disparition de M. SALEH.

 

 

Monsieur le Président,

Lors de votre déplacement au Tchad, le 27 février 2008, vous avez demandé aux autorités tchadiennes la mise en place d’une commission d’enquête visant à faire la lumière sur la disparition de plusieurs membres le l’opposition, dont celle de M. Ibni Oumar Mahamat SALEH.

Cette Commission d’enquête a rendu public son rapport le 3 septembre 2008. M. SALEH serait décédé « soit en succombant aux mauvais traitements qu’il aurait subis, soit en ayant été assassiné » après avoir été arrêté par l’Armée Nationale Tchadienne (ANT).

L’enquête n’a toutefois pas permis d’« identifier le ou les commanditaires ». Selon le rapport, « l’impossibilité que cette action soit le fait d’une initiative personnelle d’un quelconque militaire subalterne […] met en évidence l’implication des plus hautes autorités militaires ». Les auteurs du rapport laissent même entendre que la disparition des opposants n’a pu se faire sans l’assentiment du Chef de l’Etat tchadien.

La France, qui est le principal instigateur de cette Commission, ne peut se satisfaire des questions qui subsistent concernant les responsables de la disparition de M. SALEH. Je vous prie donc d’établir comme une priorité de la politique de la France au Tchad l’identification et la traduction devant la justice des auteurs et commanditaires de la disparition de M. SALEH.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l’expression de ma très haute considération.

Publié dans SOUTIENS POLITIQUES

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