Affaire Ibni: Les député français votent à l'unanimité - la voix

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR



 

Deux ans après la disparition de l’opposant politique tchadien Ibni Oumar Mohamat, les député français ont voté à l’unanimité la résolution concernant l’affaire. La résolution demande au gouvernement français de tout mettre en œuvre, pour que l'enquête menée sur la disparition de l’opposant politique tchadien puisse être désormais suivie par un comité composé non seulement de personnalités tchadiennes, mais aussi d'observateurs internationaux.  L’enlèvement de Mr Ibni avait intervenu en février 2008, lors de l’incursion des rebelles sur N’Djamena. Par Lucie Umukundwa, pour le site de la Voix.
 
« C’est en réclamant, ici à Paris, la justice et la vérité que nous pourrons l’obtenir là-bas à N’djamena », a déclaré le dépité français Gaëtan Gorce devant l’Assemblé Nationale. « Demander justice pour Ibni Oumar Mahamat Saleh n’est pas demander justice pour lui seul mais pour tous ceux et toutes celles qui, comme lui, ont été, sont, vont être victimes de l’arbitraire et de ses vieux complices : le cynisme, le mensonge, l’indifférence et peut-être plus encore le silence », avait ajouté le dépité qui a obtenu le gain de cause après le vote à l’unanimité des parlementaires français.  
 
« Ce vote nous apporte pour la première fois une raison encore trop mince d'espérer que la vérité soit faite et que les coupables ne bénéficient d'aucune impunité », a affirmé Monsieur Gaëtan après le vote des parlementaires français.
 
Soucieux de l’interprétation au niveau locale de la résolution des parlementaires français, le Ministère des Affaires étrangères avait rappelé la souveraineté et l’indépendance du Tchad au cours de débat. Le ministre a d’ailleurs salué les progrès sur la voix de la démocratie et de la consolidation de l’Etat de droit avec les encouragements de la France. « Il ne faudrait pas que soucieux de voir éclore le débat au Tchad et sous couvert d’excellents sentiments nous nous en arrivions à galvauder les progrès effectués et accomplis dans ce pays » a ajouté le ministre des affaires étrangères pour décourager les dépités en faveur de la résolution la résolution.
 
Le ministère des affaires étrangères a affirmé que la France ne sait toujours pas les circonstances de la disparition de Mr Ibni Mohamat Salet et que seule l’enquête judiciaire pourra le déterminer. Et pourtant lors de l’interview avec le Président Idriss Déby a dit au Nouvel Observateur, le 23 octobre 2009 : « En pleine offensive, le 2 février vers 16 heures, l’aviation m’a annoncé qu’il y avait un attroupement extrêmement important de mercenaires devant la maison de Lol Mahamat Choua (ancien chef de l’Etat) et m’a demandé ce qu’elle devait faire. J’ai dit : s’il y a un attroupement, il faut tirer. Et j’ai ordonné aux unités qui étaient engagées de ce côté de la ville de se rendre sur les lieux. On m’a prévenu par radio qu’on avait trouvé M. Lol Mahamat Choua à l’extérieur de sa maison. J’ai dit prenez le. Et cela en présence de deux officiers français qui se trouvaient avec moi à la présidence ». Si deux officiers français étaient présents, comment est-il possible que la France n'ait pas su. Qu'elle n'est pas protégée l’opposant politique Ibni Oumar Mahamat Saleh ?
 
Le rapport de la commission d'enquête dans cet affaire avait établit les « responsabilités des forces de défense et de sécurité pour avoir commis des violations graves attentatoires à la dignité humaine et participé aux enlèvements de personnalités politiques et civiles ». L’interview d’Idriss Deby au Nouvel Observateur prouve que l’ordre d’enlèvement a été décidé  directement de la présidence en présence des officiers militaires français.
 
Lucie Umukundwa

www.lavoixdutchad.com

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