Interview de Hicham Ibni Oumar par le Journal La Voix

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

HICHAM-copie-1"(...) une commission d’enquête parlementaire serait l’outil privilégié pour connaître la vérité sur la disparition de mon père", Hicham Ibni Oumar Propos recueillis par Eric Topona


La Voix : Hicham Ibni Oumar, que vous inspire  l'unanimité créée à l'Assemblée nationale française au sujet de la disparition de votre père? Est-elle sincère?



Hicham Ibni Oumar : Cette résolution  votée pour inciter le gouvernement français à s’associer un peu plus dans la démarche pour connaître la vérité ne peut être que bénéfique dans notre combat. Dans la foulée de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale a entendu l’ambassadeur de France au Tchad. Tout cela représente un pas en avant selon moi, et permet une couverture médiatique. L’affaire n’est pas jetée aux oubliettes. Quant à la sincérité de cette démarche, j’en suis convaincu, car il ne faut pas penser que l’on retrouve les dessous de la France-Afrique ou des Kouchner dans toutes les strates de la politique française.

Pensez-vous que la résolution votée par les députés  français aura des suites, quant on sait que Paris et N'Djaména entretiennent des relations privilégiées, que d’aucuns qualifient d’incestueuses?

Je pense qu’il  y’en  aura. Et si ce n’est pas le cas, une commission d’enquête parlementaire serait l’outil privilégié pour connaître la vérité sur la disparition de mon père. Si les parlementaires vont jusque là bien entendu.

Croyez- vous que la vérité sera dite un jour sur la disparition de votre père?

Le régime en place n’est pas éternel et tous ces vieux godillots de la politique tchadienne ne le sont pas également. La vérité se saura en temps en temps voulu et ceux qui doivent rendre des comptes seront servis car, l’enlèvement de mon père a certainement été décidé dans les hautes sphères de l’Etat au Tchad, les personnalités sont forcément dans la confidence. Nous irons jusqu’au bout dans notre démarche pour connaître la vérité et permettre le jugement de ce forfait.

Quelle analyse faites vous de l'actualité politique au Tchad, avec en ligne de mire, l'élection présidentielle et les législatives qui s'annoncent ?

L’opposition n’existe plus au Tchad, car, honteuse et écrasée par Déby, par son clan et par son parti, tandis que le peuple qui aspire au changement n’y croit plus, attendant un espoir venant de je ne sais où. Pour moi le changement ne peut venir que de ce peuple et pour cela il faut qu’il se batte plus ardemment au lieu de se résoudre à son sort. Les hommes politiques tchadiens doivent faire preuve de courage extrême pour pouvoir se racheter à mes yeux, et je pense aux yeux du peuple. La politique au Tchad est tronquée. Alors, je ne vois pas pourquoi ils font le jeu du pouvoir. Il faut avoir une autre vision pour le Tchad.
Quant aux élections, je n’y vois qu’une mascarade de plus qui sera avalisée par les puissances occidentales, pendant que les gesticulations des uns et des autres seront oubliées. Il faut combattre ce régime sanguinaire, corrompu et autocrate qui a inculqué aux Tchadiens des valeurs abjectes et intolérables. Le mal est fait, mais on peut y remédier en s’unissant pour un Tchad meilleur.

Et la nouvelle équipe gouvernementale, mis en place le 9 mars dernier, reflète-t-elle à vos yeux  les attentes du peuple tchadien ?
 
Je ne suis pas bien placé pour juger les actes d’un gouvernement, mais tout ce que je sais, c’est que le peuple tchadien mérite mieux que ce qui lui arrive.

Quand est ce que vous rentrerez au Tchad ?

 Je ne sais pas encore. Mais je peux vous dire que mon pays me manque et j’aurai aimé contribuer à son rayonnement. Cela m’est impossible dans les conditions actuelles.
 
 Propos recueillis par Eric Topona

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