La Convention visant à empêcher les disparitions forcées entrée en vigueur

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

GENEVE, 23 déc 2010 | La Convention internationale visant à empêcher les disparitions forcées, dont ont été victimes des dizaines de milliers de personnes dans le monde, notamment en Amérique latine, est entrée en vigueur jeudi quatre ans après sa signature, a-t-on appris auprès de l'ONU.


AFP | 23.12.2010 | 16:09

La Convention internationale visant à empêcher les disparitions forcées, dont ont été victimes des dizaines de milliers de personnes dans le monde, notamment en Amérique latine, est entrée en vigueur jeudi quatre ans après sa signature, a-t-on appris auprès de l'ONU.

La "Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées", adoptée en 2006 par l'Assemblée générale de l'ONU, a pu entrer en vigueur après sa ratification par l'Irak le 23 novembre et le Brésil le 29 novembre, portant à 21 le nombre des pays l'ayant ratifiée, a annoncé le Haut commissariat aux droits de l'homme de l'ONU.

En vertu des règles internationales, une Convention peut entrer en vigueur après sa ratification par 20 pays.

Ce nouveau texte oblige les signataires à sanctionner pénalement la détention, la séquestration ou quelque autre forme de privation de liberté perpétrée par des fonctionnaires ou des groupes liés à l'Etat.

Il prévoit également que les Etats parties indemnisent les victimes directes de disparitions forcées et que la disparition forcée puisse constituer un crime contre l'humanité lorsqu'elle est généralisée ou systématique.

L'entrée en vigueur de ce texte, signé par 87 pays, a été saluée par les ONG.

"Le Traité devrait permettre à la justice d'avancer" et de faire "rendre des comptes" aux responsables, a expliqué Human Rights Watch dans un communiqué.

"Appliquer ce traité de référence est très important, mais pour mettre un terme à ces pratiques, chaque pays devra reconnaître qu'il ne devrait jamais enlever des personnes et les cacher", a estimé un conseiller spécial de l'ONG Aisling Reidy cité dans le communiqué.

"C'est une réussite importante dans la lutte contre une pratique qui provoque des peurs et tristesses indescriptibles chez des centaines de milliers de personnes dans le monde", s'est félicité pour sa part le responsable adjoint du département sur les Recherches et la Protection du CICR, Olivier Dubois, cité dans un communiqué.

"Cette convention va certainement contribuer à améliorer la protection contre les disparitions forcées", a-t-il ajouté.

Les deux organisations ont rappelé que la question des personnes disparues restait un problème crucial dans nombre de pays.

En Irak, des dizaines de milliers de personnes attendent toujours des nouvelles de proches disparus depuis les années 1980, a expliqué le CICR, rappelant qu'en Bosnie Herzégovine, ce sont plus de 10.000 personnes dont on reste sans nouvelles depuis le conflit au début des années 90.

Selon HWR, la situation est également préoccupante dans le nord du Caucase, notamment en Tchétchénie, au Moyen Orient ainsi qu'en Amérique latine. Au Pakistan, "des centaines de personnes ont disparu depuis 2001".

Commenter cet article