Les déclarations du Président Déby sont particulièrement choquantes dit Gaétan Gorce

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

                                                              

 Le président tchadien Idriss Deby Itno a opposé jeudi à Paris une fin de non-recevoir aux députés français qui ont réclamé une place à la communauté internationale dans la commission chargée de faire la lumière sur le sort d'un de ses opposants, disparu depuis 2008.

 

"Le Tchad est un pays souverain, la souveraineté du Tchad ne se viole pas, par qui que ce soit, par quelque structure que ce soit", a déclaré M. Deby à la presse à l'issue d'un entretien à l'Elysée avec Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat tchadien a aussi demandé "qu'on respecte la justice du Tchad", qui a ouvert une enquête sur la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, porte-parole d'une coalition de l'opposition tchadienne, arrêté en février 2008 à son domicile de N'Djamena et porté disparu depuis.

 

A la suite d'une mobilisation internationale, et de l'intervention de Nicolas Sarkozy, une commission d'enquête tchadienne avait conclu en septembre 2008 que M. Ibni avait été arrêté par des militaires tchadiens et était, selon toute vraisemblance, "décédé". Cette commission avait recommandé au gouvernement tchadien la création d'un "Comité de suivi" où serait représentée la communauté internationale afin d'approfondir l'enquête.

 

Dans une proposition de résolution adoptée à l'unanimité le 25 mars, les députés français ont demandé au gouvernement français de faire pression sur le Tchad, dont il est un des principaux soutiens, pour éclaircir le sort de M. Ibni et l'application des recommandations de la commission.

Interrogé jeudi sur le sort de M. Ibni, Idriss Deby a répondu "je ne me prononce pas, c'est la justice qui doit se prononcer".

 

Les déclarations du Président Déby sont particulièrement choquantes dit Gaétan Gorce.

 

D’abord parce qu’elles sonnent comme une fin de non-recevoir à l’égard des autorités françaises. Le Président Déby ne semble pas vouloir considérer les conséquences humaines des évènements qui se sont déroulés les 2 et 3 février 2008 et qui ont abouti à la disparition de plusieurs opposants dont Ibni Oumar Mahamat Saleh.

 

Choquantes ensuite, parce qu’elles ont été prononcées depuis Paris, au moment même ou, aussi bien le Président de la République que le Parlement français ont demandé que l’enquête en cours soit entourée d’une totale impartialité. Cette demande s’inscrivait dans le prolongement des conclusions de la Commission d’enquête internationale auxquelles le Tchad avait souscrit à l’été 2008 et qui indiquait qu’un comité serait mis en place composé de personnalités tchadiennes et de représentants de la Communauté internationale. La souveraineté du Tchad n’est donc en aucun cas remise en question. Il s’agit simplement de demander au Tchad de respecter la parole qu’il a librement donnée.

 

Choquantes, enfin, parce qu’elles semblent indiquer que la vérité semble être la dernière préoccupation du Président tchadien, ce que les uns et les autres nous ne saurions accepter.

 

J’en appelle au Président Sarkozy pour qu’il fasse connaitre au Président tchadien et le mécontentement des parlementaires français et de la France et ce qu’exigent la simple humanité et le respect du Droit International.

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