Tchad | Du grand n'importe quoi

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR

Le gouvernement a annoncé hier dans un communiqué lu sur les ondes de la radio nationale qu’il autorise, dans le cadre de l’enquête sur la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh lors des événements de février 2008, l’audition de Ahmat Mahamat Bachir et de Wadal Abdelkader Kamougué en qualité de « témoins ».

 

S’il est normal que Ahmat Mahamat Bachir, alors Ministre de l’Intérieur en exercice, soit rattrapé par la Justice, il apparaît en revanche juridiquement curieux qu’un juge d’instruction demande à auditionner Wadal Abdelkader Kamougué en qualité de témoin lors de ces événements et que le gouvernement ne s’oppose pas à cette demande en désignant le « témoin pertinent ».

 

Deux raisons totalement banales excluent l'audition de Kamougué dans cette procédure judiciaire.

 

 1. Kamougué, opposant et membre de la CPDC, faisait à l’époque partie des 5 chefs des partis de l’opposition soupçonnés d’intelligence avec les rebelles et recherchés par les éléments de Mahamat Ali Abdallah pour être purement et simplement exécutés comme l’a été Ibni Oumar Mahamat Saleh. Du reste, il était absent du territoire national avant le déclenchement de l'offensive rebelle et y est retouné qu'après le retrait des rebelles de N'Djamena.



2. Kamougué a été nommé Ministre de la Défense en avril 2008, soit plus de deux mois après l’attaque de N’Djamena par la rébellion. Il ne saurait être tenu responsable des actes de son prédécesseur en charge de la Défense. Ce dernie, Mahamat Ali Abdallah, est toujours en vie et doit être convoqué pour être auditionné. 

 

Dès lors, sauf à vouloir soustraire de l’étau judiciaire les vrais responsables de la disparition, le "gouvernement" doit rectifier sa décision et livrer à la Justice le témoin pertinent dans cette affaire, c’est-à-dire le général Mahamat Ali Abdallah, ministre de la défense de fait (Ministre des mines lors des événements et minstre de la Défense par interim) qui contrôlait la ville lorsque tous ses autres collègues qui, à l'instar de Déby qui s'est envolé pour le Gabon, ont pris leurs jambes à leurs cous et traversé le fleuve Chari. Le despote lui-même doit être entendu par la justice, jugé et condamné.

 

 

 

Source: Tchadoscopie

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