Deux ONG "exhortent" Paris à faire pression sur N'Djamena sur l'affaire Ibni

Publié le par Liberté pour IBNI OUMAR


 


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Deux ans après la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, deux ONG dont Amnesty International France "exhortent" Paris à faire pression sur N'Djamena pour qu'il révèle le sort de l'opposant tchadien, tout en rappelant les promesses faites à cet égard par le président Nicolas Sarkozy.

"A ce jour, les autorités tchadiennes n'ont apporté aucune réponse sur ce qui lui est arrivé", dénoncent mercredi l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT-France) et Amnesty International dans un communiqué.

Aussi, les ONG "exhortent" Paris à "exercer davantage de pression sur les autorités tchadiennes pour qu'elles révèlent immédiatement le sort des victimes de disparition forcée et que les responsables soient traduits en justice".

Elles demandent aussi aux autorités françaises de "rendre public tous les renseignements en leur possession concernant la disparition" de M. Ibni, le seul des opposants politiques enlevés le 3 février 2008 à ne pas avoir réapparu.

A cet égard, les ONG rappellent la promesse de M. Sarkozy lors d'un déplacement à N'Djamena, le 27 février 2008. Il avait alors déclaré: "La France veut la vérité et je ne cèderai pas sur ce point".

"Depuis, aucune avancée n'a été obtenue des autorités tchadiennes sur ce dossier, tandis que l'appareil diplomatique et militaire français continue à soutenir le régime d'Idriss Deby Itno", écrivent-elles.

Lors d'une séance de questions au gouvernement mercredi à l'Assemblée nationale, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a assuré que M. Sarkozy et le chef de la diplomatie Bernard Kouchner avaient "fait la preuve de leur engagement personnel sur ce dossier depuis deux ans".

"Les efforts de sensibilisation de la France semblent avoir été fructueux, nous constatons une mobilisation constante des autorités tchadiennes pour rechercher la vérité", a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les ONG exigent également de N'Djamena de "respecter intégralement les recommandations formulées par la Commission (d'enquête en septembre 2008, ndlr) et notamment identifier et poursuivre les responsables de la disparition" de l'opposant.

La Commission d'enquête mise en place par les autorités tchadiennes avait avancé que M. Ibni "serait décédé", et attribuait son arrestation à l'armée tchadienne, alors que la famille de l'opposant accuse la garde présidentielle de l'avoir interpellé et M. Deby d'être le "commanditaire" de sa "mort".

Cette Commission demandait "de poursuivre impérativement les recherches et de donner une suite judiciaire en vue de faire définitivement la lumière" sur son sort, écrivent les ONG.

La disparition de M. Ibni, également porte-parole de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC, opposition), était intervenue alors qu'une coalition de rebelles avait investi la capitale tchadienne les 2 et 3 février.

Publié dans FRANCE ET TCHAD

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